MIEUX CONNAITRE POZZO DI BORGO, LE CORSE DU TSAR.

Jean Maiboroda

Article actualisé juin 2017 pour tenir compte de la parution (octobre 2016) du remarquable ouvrage de l'historien Vergé Franceschi


POZZO DI BORGO | L'ENNEMI JURE DE NAPOLEON -  Michel Vergé-Franceschi et Anna Moretti

 
Préface de : Jean TULARD
Genre : Histoire (Bio Payot)
Collection : Biographie Payot
           
Grand format  | 416 pages.  | Paru en : Octobre 2016  | Prix : 24.00 €
GENCOD : 9782228916516 
Editions : Payot

           
 
Cousin pauvre mais noble de Napoléon Bonaparte, étudiant logé à Ajaccio par « Madame Mère », Carlo Andrea Pozzo di Borgo (1764-1842) entretient avec lui une belle amitié d’enfance, avant de lui vouer une haine tenace, une « haine de Corse » comme la qualifie Talleyrand, qui tourne à l’obsession. Disciple de Paoli, resté fidèle à une Corse anglaise, le brillant avocat est contraint de s’exiler à la Révolution. Il sillonne alors l’Europe entière à la recherche d’alliés avec pour seule idée en tête : faire obstacle à l' « usurpateur ». À Saint-Pétersbourg, ce diplomate hors pair et mondain accompli trouve l’oreille attentive du tsar Alexandre Ier qu'il convainc en 1814 d’entrer dans Paris, provoquant l'abdication de Napoléon. Présent au Congrès de Vienne, il y joue un rôle actif, observe une dernière fois à Waterloo son ennemi juré depuis sa lorgnette, part chercher Louis XVIII à Londres et, en bon catholique et légaliste convaincu, rétablit les Bourbons. Il meurt à Paris en son magnifique hôtel de la rue de l’Université après avoir été, pendant presque trois décennies, ambassadeur de Russie à Paris, puis à Londres auprès de la reine Victoria (1835-1839).
Sur la base d’archives inédites en Corse, à Londres et à Saint-Pétersbourg, Michel Vergé-Franceschi est parti sur la trace de ce personnage infiniment romanesque, dont Karl Marx dit qu’il fut « le plus grand diplomate russe de tous les temps ».
 
Corse de naissance, indéfectiblement attaché à son île d’origine, Michel Vergé-Franceschi lui a rendu hommage dans plusieurs ouvrages. Il est l'auteur chez Payot de Ninon de Lenclos et de Colber, et, en collaboration, d'Une histoire érotique de Versailles. Spécialiste de l’Ancien Régime, il est professeur d’histoire moderne à l’université de Tours.

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Mais, dans l'ordre de parution :

Pierre ORDIONI,  "Pozzo Di Borgo. Diplomate de l'Europe française", paru en 1935, qui, ironie du sort, renvoie à la fois Napoléon et Pozzo di Borgo à leurs sentiments anti-français de jeunesse.

Citons l'auteur : "Les deux grands champions de la Révolution [Bonaparte] et de la contre-Révolution [Pozzo di Borgo] échappèrent à la nationalité française (…)        Bonaparte et Pozzo di Borgo ne s'expliquent que comme étrangers."

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Yvon TOUSSAINT, journaliste et écrivain belge, a écrit une biographie romancée du comte Charles André Pozzo di Borgo. Cet ouvrage, intitulé "L'autre Corse" (éditions Fayard - 2004) par référence à son rival Napoléon, a le mérite de faire revivre "le destin stupéfiant et injustement méconnu" du comte Charles André Pozzo Di Borgo. La présentation de l'ouvrage d'Yvon TOUSSAINT faite par l'éditeur est la suivante :
" Une haine de Corse ", dit Talleyrand pour définir la " passion unique " qui anime le comte Charles-André Pozzo di Borgo à l'égard de Napoléon.
Ce vrai-faux roman est une belle histoire de haine, comme il y a de belles histoires d'amour,  entre  un personnage immense qui ébranle le monde et un obsessionnel qui, après  avoir été son compagnon d'adolescence à Ajaccio, le traque obstinément et stimule  contre lui l'animosité des princes de l'Europe entière. Une cavalcade de  quelque  vingt années qui, partie de " l'île de beauté ", va de Londres à Vienne, de Saint-Pétersbourg à Paris, jusqu'à " la morne plaine " de Waterloo où Pozzo retrouve enfin    Napoléon terrassé et s'évaporant dans la fumée de la bataille…"

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"Napoléon et Pozzo di Borgo, 1764-1821", préfacé par le Prince Charles Napoléon, et traduit de l’anglais par Reynier, comte Pozzo di Borgo -  de J.MP. McErlean, professeur d’histoire et chercheur à l’Université de Toronto (Canada).


https://ahrf.revues.org/10790
de M Crook - ‎2009
 
Malcolm Crook
p. 240-242
John M. P. McErlean, Napoléon et Pozzo di Borgo 1764-1821, Versailles, Éditions de Paris, 2007, 362 p., ISBN 978-2-85162-198-6.

Longtemps professeur d’histoire à l’Université de Toronto, John McErlean a publié ce volume en anglais il y a une dizaine d’années, chez un petit éditeur du pays de Galles dont les livres se vendent très cher (Napoleon and Pozzo di Borgo in Corsica and After, 1764-1821. Not Quite a Vendetta, Lampeter, Edwin Mellen Press, 1996). C’est sans doute grâce à l’aide des afficionados contemporains de Bonaparte que cet ouvrage paraît désormais en français, quelque peu abrégé et dans un format plus accessible. N’est-il pas doté d’un préface du prince Charles Napoléon et traduit par les soins du comte Pozzo di Borgo, qui prouve que des liens entre ces deux familles corses existent encore et semblent plus amicaux que sous la Révolution et l’Empire, quand Napoléon et Pozzo sont devenus des adversaires redoutables ? Comme le sous-titre de la version anglaise l’indique bien, le célèbre ressentiment qui a divisé ces deux jeunes hommes, amis devenus ennemis, n’était pas vraiment de l’ordre de la vendetta, et offre un sujet irrésistible qui a déjà attiré d’autres écrivains.

 
Monde et vie, n° 783, 1er septembre 2007

Le destin croisé de deux hommes dont le destin fut de s’affronter au long de leur vie quoique tous les deux corses. L’histoire nous en est contée par JMP McEarlean professeur d’histoire à l’université de Toronto. Charles André Pozzo di Borgo et Napoléon sont tous les deux issus du siècle des lumières et c’est la révolution qui les projette devant la scène.
Ajaccio fut leur premier terrain d’affrontement. C’est au service de Pascal Paoli père de la patrie corse que naît leur désaccord voire leur haine. Ils feront de l’Europe le théâtre de leur ressentiment. L’affaire se dénoue à Moscou.

Aventures de l’histoire, n°67, juin 2007.

Professeur d’histoire à l’université de Toronto, l’auteur a réussi un brillant portrait en parallèle de deux ambitions, celles de deux jeunes Corses aux destins opposés. Paradoxe de l’histoire, au moment où l’un partait en exil à Sainte-Hélène, l’autre arrivait à Paris comme ambassadeur du tsar.
 
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"Une haine de Corse : histoire véridique de Napoléon Bonaparte et de Charles-André Pozzo di Borgo".
Marie Ferranti - Gallimard - 2012 

Résumé par http://www.cultura.com/une-haine-de-corse-9782070451708.html


Ce roman de la haine qui opposa, tout au long de leur vie, C.-A. Pozzo di Borgo à Bonaparte, retrace le destin de ces deux êtres ambitieux et fougueux, qui se connurent dès l'enfance et furent en conflit de la Révolution jusqu'à la chute de l'empereur. ©Electre 2015

http://www.laprocure.com/haine-corse-histoire-veridique-napoleon-bonaparte-charles-andre-pozzo-borgo-marie-ferranti/9782070451708.htm

Sa vie durant, Charles-André Pozzo di Borgo voua une haine profonde à son ami d’enfance, Napoléon Bonaparte. Alors que le futur empereur embrasse la carrière militaire, Pozzo devient avocat, participe à la Révolution avant d’être élu député de la Corse. Il assiste à l’ascension de Bonaparte avec méfiance, avant de s’opposer à lui au point de se mettre au service du tsar de Russie, dont il sera un puissant conseiller – rôle dont Napoléon, après sa chute, reconnaîtra l’importance décisive. Voici l’oeuvre d’une romancière qui se fait pour l’occasion historienne – à moins que ce ne soit l’inverse. Marie Ferranti nous montre l’Histoire en train de naître au jour le jour dans le creuset des passions humaines.

http://www.corsematin.com/article/papier/marie-ferranti-raconte-une-haine-de-corse.617354.html  

Publié le mardi 27 mars 2012  - Gérard Baldocchi
Saint-Florent. Sa baie offerte au soleil blanc de mars. Sa mer chiffonnée par le souffle inépuisable de la brise. Son port de plaisance engourdi par la douce apesanteur d'une hibernation finissante. Ses écrivains qui, de leur nom et de leur renom, ont tissé la station balnéaire au rang de capitale insulaire des lettres, Jean d'Ormesson, Marc Fumaroli, Jean-Marie Rouart, Nathalie Rheims, Michel Mohrt…
Marie Ferranti est la gardienne de ce temple littéraire marin.
Sa maison tutoie le rivage. Ses yeux aussi, lorsqu'ils naviguent à vue sur les eaux incertaines de l'inspiration. Mais cette fois, la romancière a viré de bord. Elle a levé l'encre du roman et mis le cap sur l'histoire. Une longue traversée de trois ans pour remonter le courant d'une haine. Une haine de Corse. Celle qui a intimement lié les destins de deux Corses illustres, Napoléon-Bonaparte et Charles-André Pozzo di Borgo.
Ce n'est pas un livre d'historien.
« Le sujet a été traité et très bien traité avant moi, mais j'ai été impressionnée par cette histoire que m'a racontée Jean-Paul Poletti. J'ai choisi de la revivre par le prisme des mémorialistes, en m'imprégnant de l'atmosphère de l'époque, en ressentant les sentiments et les émotions que répandent les mots et les écrits de ce temps. J'ai refait le chemin en suivant patiemment les cailloux des petits faits vrais comme les appelait Stendhal. Chaque épisode de cette période extraordinaire, chaque personnage mériterait qu'on y consacre un livre. Il y en aurait ainsi mille à écrire ».
La forme est inédite, traversée de digressions temporelles, d'allers-retours entre passé et présent. L'écrivain interrompt le cours de son récit pour en parler avec son ami Francis Beretti ou sa mère. Comme pour marquer sa volonté de prendre ses distances. Par l'effet de ce détachement, la narration se pare d'une dimension contemporaine. Le regard d'aujourd'hui de Marie Ferranti n'aliène pas l'histoire à ses vérités du moment, il la dépoussière.
Derrière la haine la fascination…
Elle a reconstitué en un tout homogène et passionnant une mosaïque de fragments prélevés à des centaines de sources, laissant peu d'espace à l'imagination du romancier.
« Un travail singulier et inédit pour moi. La frustration de l'imagination bridée que j'ai pu éprouver parfois me remettra sur les rails du roman. J'ai savouré le rôle du chef d'orchestre qui met l'histoire en musique sans ressentir l'exaltation du compositeur, mais j'ai été portée par le souffle de personnages aussi talentueux et charismatiques que Talleyrand, Hugo, Chateaubriand… »
L'écriture est limpide, le style épuré comme le décor. Ni scènes panoramiques à la démesure des ambitions napoléoniennes, ni champs de batailles à perte de vies. Tout est feutré, intime, confiné à des confidences et à des intrigues de salon. Un peu à la manière d'une enquête de voisinage. Le contexte politique s'étire tel une ombre hégémonique sur la toile de fond. L'humain, lui, est en pleine lumière.
« Napoléon est une figure fascinante. Derrière la grandeur du génie humain percent les limites du génie solitaire. Parce qu'il est seul, il accomplit des choses extraordinaires, et parce qu'il est seul aussi, il devient un tyran, englouti par sa propre ivresse du pouvoir ».
La haine que se vouent réciproquement Napoléon et Pozzo n'a rien de personnel. Cette haine, sur laquelle ce dernier a bâti son existence jusqu'à l'obsession et nourri sa carrière jusqu'à la consécration, est mâtinée d'estime, de fierté et de fascination.
« Chacun fait la distinction entre l'homme privé et le personnage public. Leur parcours respectif est intimement lié, mais paradoxalement ils ne se croisent jamais. C'est une histoire parallèle. Sans se voir, l'un pèsera sur la vie de l'autre de façon définitive. On ne rencontre pas de mesquinerie ou de mépris chez Pozzo, tandis que Napoléon ne le pourchasse pas, comme si lui concéder la liberté le rendait plus insignifiant encore. En revanche, il l'a sous-estimé. Pozzo jouera un rôle prépondérant dans la grande coalition européenne contre Napoléon, et c'est lui qui a choisi le lieu de son exil insulaire. Pas la Corse, son berceau, pas davantage l'Île d'Elbe d'où il était revenu, mais Sainte-Hélène, le bout du monde… »
Pire encore que le bout du monde. L'enfer. C'est ce qui a le plus frappé Marie Ferranti.
« Il est traité indignement par ses geôliers. Ses conditions de vie sont épouvantables, des pièces étriquées et envahies par des hordes de rats, des odeurs de moisissure, une nourriture exécrable. Lorsqu'il prend conscience qu'il n'échappera plus à cette réclusion, il tombera dans une grande dépression et je crois qu'il s'est laissé mourir… »
« Soulagée d'être arrivée à destination… »
Qu'ils soient en conquête, en fuite, expatriés ou bannis, les deux hommes apparaissent comme des éternels exilés. Le thème infuse le récit de ses volutes lancinantes et douloureuses.
« La pulsion de l'ailleurs est fondamentale dans la culture insulaire. La tentation de l'exil y est permanente. La nostalgie, le mal du pays, le tourment du retour, tout ceci est prégnant. Cela renvoie à l'esprit du large, aux aspirations et aux regrets des Corses que nous sommes, quel que soit le siècle ».
Saint-Florent constituant son propre exil doré, Marie Ferranti nous fait aussi découvrir à quel point son village marin a tenu son rang dans l'histoire.
« J'ai découvert moi-même son importance à la période du royaume anglo-corse. Francis Beretti est intarissable sur le sujet. C'est entre le passé et moi une passerelle intime. Du côté de Fornali, face à la propriété de Jean d'Ormesson, je me suis approchée d'une maison qui a appartenu à une descendante de Napoléon. Lorsque Pascal Paoli devient le chef de la nouvelle Nation, les Français s'installent à Saint-Florent en novembre 1756. Il y décrète le blocus. Paoli exerce une fascination sur Napoléon et Pozzo aux côtés duquel il s'engage. En chassant les Bonaparte de Corse, Paoli va finalement permettre à Napoléon d'accomplir un destin hors du commun. Dans les mémoires de Sainte-Hélène, c'est d'ailleurs le seul qui trouve grâce aux yeux de l'empereur déchu.Je l'ai aimé et admiré toujours, écrit-il… »
Malgré la difficulté du défi et le travail patient de recherches dans les ouvrages dédiés et les archives, Marie Ferranti a quitté ses personnages avec un petit pincement au cœur.
« Suivre de si près des personnalités d'un tel niveau, là au même moment, dans un même lieu, est quelque chose d'exceptionnel. J'ai remonté le temps d'un âge d'or, sans équivalent dans l'histoire mondiale. Je suis un peu étonnée d'avoir accompli un si long périple, et plus sûrement soulagée d'être arrivée à destination. Au-delà de leurs parcours et de leurs différends, j'ai pris conscience que les valeurs communes qui habitaient ces hommes, leur rapport à la politique, à l'amitié, à la famille, ont franchi les siècles pour perdurer aujourd'hui dans notre île. Cette aventure littéraire sur des terres historiques dont je n'étais pas familière a été exaltante, mais je crois bien que je n'en recommencerai pas une autre ».
L'écrivain quitte en même temps, et sans doute avec moins de regret, un univers éminemment masculin, elle qui, dans ses romans, a si souvent sublimé le rôle de la femme. La femme corse dans une société aux mœurs aussi arides que le désert des Agriate qu'elle embrasse tous les jours de son corps et de son âme.
Marie Ferranti va se mettre psychologiquement au vert et réfléchir sereinement à son prochain livre.
Ce sera un roman, la clef des chambres interdites de la maison, disait Aragon.
Les idées cheminent dans sa tête mais elle préfère les celer.
Mais ce sera bien un roman. Un roman de Corse.


http://www.franceculture.fr/oeuvre-une-haine-de-corse-de-marie-ferranti  :

Charles-André Pozzo di Borgo voua, sa vie durant, une haine profonde à son ami d'enfance, Napoléon Bonaparte. Marie Ferranti retrace l'histoire de la relation entre ces deux êtres brillants, ambitieux et fougueux. Alors que Bonaparte embrasse la carrière militaire, Pozzo di Borgo devient avocat, participe à la Révolution avant d'être élu député de la Corse. Il assiste à l'ascension de Bonaparte avec méfiance, avant de s'opposer à lui au point de se mettre au service du tsar de Russie, dont il sera un puissant conseiller - rôle dont Napoléon, après sa chute, reconnaîtra l'importance décisive.
En réalité, Marie Ferranti s'intéresse sans doute moins à Pozzo qu'à Napoléon. C'est bien la figure de l'empereur qui transparaît en permanence à travers le portrait de son ennemi. Si brillant soit-il, le personnage de Pozzo ne peut que s'effacer devant le génie napoléonien.
Voici l'œuvre d'une romancière qui se fait pour l'occasion historienne - à moins que ce ne soit l'inverse - et n'hésite pas à se mettre en scène dans le jeu de miroirs où se reflètent ses deux personnages. Elle nous montre l'Histoire en train de naître au jour le jour dans le creuset des passions humaines.
 
http://www.decitre.fr/livres/Une-haine-de-Corse.aspx/9782070136056  :

La " haine " du titre désigne celle que voua toute sa vie durant Charles-André Pozzo di Borgo à Napoléon Bonaparte.
Marie Ferranti retrace l'histoire de cette relation entre deux êtres brillants, ambitieux et fougueux, qui se connurent dès l'enfance. Alors que Bonaparte embrasse la carrière militaire, Pozzo di Borgo devient avocat, il participe à la révolution et sera député des Corses, mais il assistera à l'ascension de Bonaparte avec méfiance, avant de s'opposer à lui au point de se mettre au service du Tsar de Russie, dont il sera un puissant conseiller - rôle dont Napoléon reconnaîtra l'importance décisive après sa chute.
A partir de ce parallélisme de destins, Marie Ferranti a composé un livre qui est plus une évocation de Pozzo qu'un récit historique, puisqu'elle se sert autant de la littérature (Chateaubriand, Stendhal, Hugo, Tolstoï, Balzac) que des Mémoires du temps (Las Casas, Talleyrand, Marbot) ou des historiens actuels. Afin de mieux cerner Pozzo di Borgo, Marie Ferranti choisit non pas la linéarité historique mais des va-et-vient, des boucles entre le passé et le présent, et elle n'hésite pas à s'impliquer dans l'affaire, en tant que Corse, notamment par le biais d'une conversation avec sa mère.
Consacré à deux très fortes personnalités, l'une trop connue donc mal connue, l'autre méconnue, ce livre d'une grande vivacité se lit avec un intérêt et un plaisir constants.

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Signalons enfin deux articles consacrés à Charles André Pozzo Di Borgo dans les ACTES des seizièmes journées universitaires d'histoire maritine de Bonifacio (juin 2014) parus dans l'ouvrage intitulé: LA CORSE, LA MEDITERRANEE ET LA RUSSIE (Editions Alain Piazzola - 2015)
Michel VERGE-FRANCESCHI   
"Les Pozzo di Borgo en Corse avant Charles-André."  
 
Anna Vladimirovna GNEDINA- MORETTI
"Charles André Pozzo Di Borgo, un diplomate ajaccien en Russie". (texte rédigé en langue russe)